La suite de notre periple en Inde...
9 janvier : Cochin, embleme du Kerala
Nous découvrons une ville faite d'iles et de péninsules. Nous prenons un ferry jusqu'à la vieille ville Fort Cochin, quartier charmant et très tranquille. L'architecture est largement d'inspiration portugaise, et les églises fleurissent ici et là.
L'atmosphére est très relax, c'est le Sud 'shanti'.





Il fait chaud la journée et nous évitons de sortir aux heures les plus chaudes. Nous louons des velos et nous baladons du cote de Mattenchery...

Nous repartirons demain pour aller à la rencontre des backwaters.
Dimanche 11 janvier : le bus comme air conditionné
En fait, c'est pas si mal de prendre le bus aux heures les plus chaudes, avec la vitesse on obtient un souffle agréable.
On quitte Cochin ce matin pour nous rendre par nous memes (cad en bus!) au milieu des backwaters. 4 heures plus tard et l'esprit frais, nous arrivons à Kollam. La ville a beaucoup moins de charme qu'attendu, nous trouvons tout de meme un très bon resto, peut etre le plus raffiné jusqu'à aujourd'hui.
Nous nous inscrivons à une excursion en bateau dans les backwaters dès demain matin.
12 janvier 2009 : une journée et une nuit sur l'eau
Nous sommes au rendez vous ce matin à 9h, la bonne surprise : nous ne sommes que 4 pour l'excursion.
Nous parcourons les 30 kms pour rejoindre l'ile de Monroe ou nous embarquons sur un canoe et parcourons les backwaters, bien à l'abris du soleil grace à la foret de cocotiers.

Notre canotier ajuste son lungi et le remonte a la taille, s'arme de son long bambou et dirige le bateau dans les dédales de canaux.


Au fil de l'eau nous assistons comme spectateurs a différentes activités du village ; tissage des nattes en coco, ceuillette des noix de coco, peche et extraction du sable du fond de la rivière. Des dizaines de 'kingfisher' (martin pecheur ?) volent entre les cocotiers, les chèvres, attachées au façade des maisons nous regardent tranquillement passer.


Jurgen en pleine ascension du mont Coco...
Tout ici est calme et volupté, nous glissons sur l'eau au son des oiseaux et de la nature...
Dejà nous repartons pour Kollam.
Comme un avant gout pour la suite... nous réfléchissons et décidons de nous offrir la nuit sur un 'houseboat' après une courte croisière au coucher du soleil, pour 65 euros, une folie ici !
Après une heure de balade, nous jettons l'encre sur une branche calme du lac et admirons le jour se terminer.


Le diner sera un festival de plats du kerala, tous meilleurs ; petits piments, noix de coco, curry, haricots, purée de banane, pommes de terre et autres épices secrètes.
Nous avons du mal à comprendre comment le cuisinier a fait pour cuisiner aussi royalement avec 2 petites plaques chauffantes. ll y a des leçons à prendre
Nous nous endormons au son des ronfflements de l'équipage qui s'est écroulé de fatigue sur le 'pont'!
13 janvier ; back to beach, Varkala
Et oui, irresistiblement nous revenons à la plage, une autre, plus petite et au pied de falaises offrant une vue imprenable sur l'immensité de l'eau.
La plage n'est pas si spéciale mais l'eau est cristaline avec ses reflets turquoises.


La bonne resolution d'Amelie se concretise avec un steack de thon rouge ....
L'endroit est très touristique, d'un tourisme plus haut de gamme, plus conventionnel. Les hotels luxueux, les restaurants et échoppes surplombent la mer et se bouscoulent en haut des falaises. Nous préférons la petite plage de sable noir et ses fonds clairs, et y passons quelques heures entre baignade et lecture.
17 janvier ; derniers jours a Varkala...
Nous partons demain pour Trivandrum puis le cap Comorin....


Dimanche 18 janvier : difficile de partir
Pretextant etre dimanche, nous nous laissons gagnés par l'envie d'une grasse mat'... pas de yoga donc, et bien que les sacs soient prets nous nous laissons tentés par une journée de plus au bord de l'eau.
Quelques heures plus tard, nous faisons la connaissance par hasard de 2 Autrichiens de 40 ans, Mo et Robert, avec qui nous passerons le reste de la journée à refaire le monde... nous partageons nos expériences, bonnes et mauvaises et nos enseignements, bref on passe un très bon moment et prenons nos contacts respectifs. Il est toujours interessant de rencontrer des personnes intelligentes et riches d'anecdotes et d'expérience de vie...
Lundi 19 janvier : lundi jour de repos bis...
Nous nous remettons en route dès le matin pour rejoindre Trivendrum, humble capitale du Kerala.
La ville est assez agréable, à taille humaine, avec supermarché, vraies boutiques, églises chrétiennes temples et mosquées, et meme un zoo assez réputé.
Malheureusement, nous découvrons que le zoo est fermé le lundi. Nous souffrons un peu de la chaleur à marcher dans les rues par plus de 30°, aussi nous décidons de nous rafraichir sur la plage de Kovalam à 12 Kms, haut lieu touristique mélangeant Indiens et Occidentaux. Pour une après midi ça nous convient !!
Mardi 20 janvier : une bonne journée de marche
Nous nous levons tot, laissons nos sacs à l'hotel et partons visiter le zoo. Nous parcourons les 4kms à pied pour y aller, et traversons une manifestation politique. Nous devenons vite malgré nous l'objet de toutes les attentions et des médias ; la presse locale se détourne des manifestants pour nous filmer nous !
Après la visite du zoo, nous rentrons toujours à pied, totalisant plus de 10 kms en une matinée !
ll est temps de prendre le train direction le cap Comorin et un nouvel Etat : le Tamil Nadu.
Du mardi 20 au jeudi 22 janvier : que de rencontres à Kanyakumari !
On a souvent regreté de n'avoir jamais été invités par une famille à entrer chez eux pour un thé ou autre. Ici à Kanyakumari, nous enchainons les rencontres et ne sommes jamais seuls !
Cet endroit est unique. Géographiquement c'est le point de rencontre entre la 'mer arabe', l'Océan Indien et le golfe du Bengale, le point le plus au Sud du pays, ce qui, en Inde, en fait un haut lieu de spiritualité, couru des pélerins hindous et touristes Indiens. La ville d'à peine 20 000 hab offre donc une multitude d'hotels et restaurants et boutiques de souvenirs et accessoires pour pelerins.
C'est aussi un village de pecheurs (chrétiens eux), dont les habitations en bord de mer portent les stigmates du Tsunami... on apprend qu'environ 500 personnes ont disparu ici le 26 décembre 2004.
C'est enfin là que nous enchainons des rencontres inoubiables.
Revenons d'abord à Trivendrum. Nous sommes assis sur le quai et attendons le train quand un pélerin hindou légèremment 'fashion victim' s'assoit à coté de nous et essaie d'entrer en contact, bien que ne parlant presque pas anglais. Il nous suit dans le train, s'assoit avec nous et nous raconte qu'il est pretre hindou et disciple de Sai Baba (un gourou très connu ici, considéré par ses fidèles comme un dieu vivant, reconnaissable à sa coupe de cheveux afro...). Il est en pélerinnage de 40 jours (un classique) : avec pour seul habit un lungi noir et une chemise noire, marche pieds nus et voyage de temple en temple avec un seul sac rempli de magazines.
Il nous suivra jusqu'à notre hotel, y prenant aussi une chambre, nous accompagnera en promenade... nous ne comprenons pas tres bien ses motivations mais sa 'bonne bouille' nous inspire confiance !
Le lendemain matin, il vient frapper à notre porte dès 7h du matin pour nous emmener faire un pooja (sorte de bénédiction qui aide à améliorer son karma). Là, nous commencons un peu à perdre patience, et lui faisons comprendre que nous ne sommes pas hindous et voulons dormir ! Jurgen le pousse dehors et ferme la porte ; peine perdue, il revient à 8h, entre dans la chambre. Nous commençions juste notre séance matinale de yoga et puisqu'on ne veut pas faire de pooja avec lui, il décide de faire yoga avec nous et prend ses aises ! Un peu désabusés, nous ne savons pas comment nous en débarrasser et décidons de faire avec. Nous voilà à 3 dans une chambre de 9m² à pratiquer nos assanas ! L'atmosphère se détend et nous ne tardons pas à rire tous ensemble. Nous partagerons notre petit dej, regardant les photos de la famille, et ses magazines de type 'fhm' (pour un pretre !). Lui a 40 ans, marié et 2 enfants. Après 3h passées avec lui, nous lui faisons comprendre que nous devons prendre une douche et lui faisons nos adieux, il nous prendra dans ses bras, visiblement ému et tellement content ! quelle expérience pour nous aussi !

Plus tard, nous découvrons les alentours, prenons le ferry pour l'ile rocheuse ou trone le mémorial Vivekananda (héros pendant les croisades religieuses du 19eme siècle) et le temple qui lui est dédié... La brise est intense ici et celà adoucit un peu la temperature. On finira par etre l'objet de la curiosité des touristes Indiens qui viennent se faire prendre en photo avec nous !



Plus tard, nous nous promenons en bord de mer, et découvrons le quartier chrétien et ses petites maisons de pecheurs ; l'un d'entre eux nous accoste et nous raconte ses souvenirs du 26 déc 2004, il était 8h30, les pecheurs à peine rentrés de leur nuit sur la mer quand la vague a déferlé, détruisant église habitations et bateaux, décimant des familles entières... Depuis, l'aide internationale est passée et de nombreux bateaux portent les noms de leurs donateurs (ie le Rotary Club d'Erding, Allemagne...).

L'homme nous emmène à la rencontre d'une famille typique de pecheur : la mère et ses 9 enfants aujourd'hui adultes, dont Mona la seule qui a étudié et parle bien anglais. Ils nous offrent un café, nous racontent leur histoire et nous invitent au mariage du fils le vendredi. Malheureusement notre timing est serré, leur invitation est avancée au lendemain soir, invitation a diner....
Le lendemain, lever à 6h30, nous assistons au retour des pecheurs et à l'incroyable spectacle du marché aux poissons...


Nous fixons notre départ au lendemain matin, achetons un cadeau souvenir pour le futur marrié de la famille et des bonbons pour les enfants. Nous passons quelque temps chez Jerald, un vendeur sympatique avec qui nous avons de longues conversations. Comme beaucoup de garçons des familles de pecheurs, il est parti travailler 8 ans en Arabie Saoudite. Ils les recrutent pour leur qualité de pecheur, ou pour travailler dans les commerces. L'argent économisé permet souvant de débuter une nouvelle vie une fois rentré.

Nous assistons au coucher de soleil sur la plage au milieu des pelerins et des bateaux de peche...
Le soir nous nous rendons au domicile de Mona et sa famille, prenons place simplement par terre dans l'une des 2 pièces de la maison et mangeons avec eux. Sur une feuille de bananier, nous sont servis riz, curry de poisson, puri, lait de noix de coco... ils nous regardent et sourient de notre maladresse, parvenant avec difficulté à manger avec une seule main en position tailleur!

Ils nourrissent aussi beaucoup d'espoir à notre encontre ; des contacts professionnels en Europe pour Mona, un cadeau pour le futur marrié, des photos à envoyer et un soutien financier. Nous en resterons là et promettons au moins d'envoyer les photos. Quelle expérience !
Le lendemain nous partons dès 5h pour rejoindre la ville voisine et attraper le train matinal pour Madurai.
23 & 24 janvier 2009 : Madurai
Après 6h dans un train bondé, nous débarquons à Madurai.
Avec son million d'habitants la ville est animée comme toutes les grandes villes de province mais n'est pas dénuée de charme.

Nous passons l'après midi à errer dans les ruelles de la vieille ville, visitons l'ensemble de temples Sree Menakshi, les plus beaux temples vus en Inde. Malheureusement, l'extérieur est en pleine restauration (peinture) et les echaffaudages en bambous cachent les magnifiques facades colorées.
L'intérieur est magnifique :

L'intérieur est magnifique :

Nous quittons Madurai ce soir, bus de nuit pour un reveil demain matin a Pondichery, la plus francaise des villes indiennes ! (mais qui decoit beaucoup de visiteurs) on verra bien !
du dimanche 25 au mardi 27 janvier : un bout de France en Inde
Après un voyage de nuit en bus assis, nous débarquons à l'aube à Pondichéry. Nous débusquons l'une des dernières chambres libres et bon marché de la ville ; non sans faire quelques sacrifices (c'est juste la chambre la pire que nous avons eu jusqu'à présent).
Nous partons directement à la découverte de la ville, de ses avenues et rues aux noms francophones, et de son architecture coloniale.



Revenus de notre balade matinale, je commence à me sentir vraiment mal : vomissements, fièvre et crampes dans le ventre. Je ne ressortirai que le soir pour aller voir un medecin. Heureusement ils soignent très bien ce genre de maux !
Le lendemain, ça va un peu mieux et j'essaye de manger. Le soir c'est Jurgen qui se sent mal, et passera la nuit à faire des allers retours lit-toilettes.
Rassemblant nos dernières forces nous décidons de quitter notre chambre sordide le lendemain matin et prenons un bus jusque Mamallapuram.
du mercredi 28 janvier au dimanche 01 fevrier : Mamallapuram entre pecheurs et gypsies
La cote est est bien différente de la cote ouest ; certes les touristes sont bienvenus mais ici ce sont les pecheurs et les vaches qui sont maitres de la plage !
Les jeunes filles en bikinis se font plus rares, ce n'est pas Goa ici !

La plage nous deçoit un peu : jonchée de détritus, de poissons morts rejetés par les pecheurs au large (dont des énormes poissons à pic gonflés comme des ballons), voire déjections humaines le matin...
Heureusement, elle fait quelques kms mais il est très difficile d'etre tranquilles.
Le village est aussi le refuge d'une communauté d'une centaine de gypsies, qui ne vivent que de la vente de colliers sur la plage et de la générosité des touristes. Nous sympathisons avec quelques uns d'entre eux que nous retrouvons tous les jours pour discuter.

Nous nous replions sur la visite des temples et sculptures taillés dans la pierre.


En effet, le village est connu pour ses tailleurs de pierre, et du matin au soir retentit de toute part le bruit du martelement de la pierre... C'est la grosse attraction touristique, mais les modèles que nous aimons font presque 300 euros et 50 kilos...

C'est donc sans regrets qu'après quelques jours de repos nous rejoignons notre dernière étape en Inde.
du dimanche 01 fevrier au 02 fevrier : Chennai, derniere etape...
Ce sera la seule grande ville Indienne (+ de 7 millions d'habitants) que nous visiterons...
Comme toutes les grande villes indiennes, la pollution est omnipresente et donne mal a la tete... Tous les canaux de la ville et les rivieres sont des egouts a ciel ouvert... Seule la plage longue de 12 kms offre un peu d'air frais et une halte meritee.
Il y a bien quelques monuments interessants, mais nous tournons un peu en rond dans cette immensite !




Nous nous sentons maintenant prets a decouvrir d'autres choses...
Nous prenons l'avion ce soir et arriverons a Bangkok demain matin. Nous vous retrouverons dans quelques jours dans un nouveau carnet !
Il est temps de conclure notre aventure en Inde. En presque 3 mois, nous avons pu découvrir le pays et approcher sa culture, en surface plutot. L'Inde est un pays tellement grand et surtout tellement 'dense' qu'il faut y rester bien plus longtemps pour pouvoir se vanter de le connaitre et d'en percer les mystères. Nous avons 'surfer' sur la culture indienne, tentant d'en comprendre les mécanismes, souvent en vain ; c'est en celà que l'Inde est mystique ! Le rationnel n'a pas sa place. Ici on ressent les choses, on ne les explique pas forcément. L'Inde est un joyeux bordel, toujours bruyante, folle, sale, odorante. Mais pour l'aventurier qui lui ouvre son ame, c'est un endroit unique, généreux, spirituel, tellement attachant. Ce n'est pas sans une pointe de nostalgie que nous quittons le pays, mais aussi de soulagement. Ce que l'on vit ici est intense et demande beaucoup d'énergie ! une chose est sure : nous y reviendrons !
Ci dessous, quelques éléments notables sur l'Inde que nous avons listé tout au long de notre périple. Ce sont davantages des constatations qui se rapportent aux régions visitées et aux rencontres que nous y avons faites. Sans vouloir généraliser au pays tout entier, nous vous livrons avec précaution ces quelques remarques...
L'Inde du Nord et l'Inde du Sud...
L'Inde du nord c'est la couleur safran du drapeau indien ; les paysages ocres, la poussière des zones arides, le désert au Rajasthan...
L'Inde du Sud c'est le vert, la végétation luxuriante, cocotiers, bananiers et plantations de café, de coton...
Les samossas et le chai au Nord, le massala dosa, iddly, café au lait et les glaces au Sud.
La pauvreté est plus notable au Nord, les villes sont plus engorgées et le traffic incontrolable.
Les villes du Sud sont plus propres, le traffic régulé par des feux tricolores et des passages piétons. Ici il semble que la classe moyenne soit assez importante.
Au Nord, nous croisons les pauvres conducteurs de rickshaws, et les attelages de boeufs. Ils disparaissent sur la route du Sud, laissant place aux vieilles Ambassadors, auto rickshaws, et autres véhicules motorisés.
L'Inde coloniale c'est les villes cotières du Sud, ou on croise beaucoup de chrétiens.
Au Nord, les lungis sont à carreaux, au Sud ils sont souvent unis, blanc pour les occasions spéciales.
L'Inde du Nord est certainement plus 'dure' à voyager, elle contraste tellement avec notre mode de vie ! c'est pour nous l'Inde la plus authentique avec ses bazars animés, sa poussière, ses odeurs, et ses rencontres folles... Tout est intense ici !
Nous avons tout autant aimé le Sud, pour ses différences. On peut davantage s'y reposer, se laisser aller... la vie semble plus tranquille, plus disciplinée, un peu plus facile !
L'Inde des uns et l'Inde des autres...
Les uns sont sensiblement plus foncés de peau, tanée par le soleil et la vie à l'exterieur, les autres veillent avec précaution à se protéger du soleil.
Les uns nous choquent par la maigreur de leurs jambes, les autres par la rondeur de leur ventre.
Les uns appartiennent aux castes les plus basses, vivant de petits boulots : cireurs de chaussures, vendeurs de rue, rickshaws, balayeurs... Les autres sont de riches commerçants, ou travaillent pour de grandes compagnies étrangères.
Les plus indésirables des uns vivent de mendicité, à meme le sol, aux entrées des gares et autres points de passage. Les autres vivent cachés dans de grandes voire immenses maisons.
Les uns parlent le dialecte, peut etre l'hindi, moins surement l'anglais, les autres ne parlent que anglais, meme en famille, l'anglais de Bombay.
La plupart des uns sont illétrés, les autres lisent la biographie de Woody Alen, et les grands auteurs occidentaux.
Les uns portent lungis et saris avec sandales, les autres lunettes de soleil Dolce Gabbana, jeans et t-shirts de marques occidentales.
Les enfants des uns vont parfois à l'école et travaillent tous tres tot, dès 10 ans, ceux des autres étudient dans les grandes villes et à l'étranger.
Les plus aisés des uns roulent en 125 Bajaj ou Hero Honda, les autres possèdent leur propre voiture avec vitres teintées opaques.
Les autres se concentrent plus particulièrement autour de Bangalore et Bombay, ce sont eux les touristes Indiens.
Les uns comme les autres sourient, sont curieux de l'étranger.
Nous cotoyons quotidiennement les uns, plus occasionellement les autres.
Ils sont fous ces Indiens !
Nous nous sommes souvent repétés cette phrase ; quand on se fait reveiller à 4h du mat par les cris des pelerins en transe autour du temple tout proche ; quand on constate, désespérés, leur niveau d'hygiène et les comportements individuels qui s'y rapportent ; quand, en pleine rue des enceintes saturées crachent une musique criarde sans personne autour ; quand on voit leurs constructions à l'éternel gout d'inachevé et dénuées de bon sens... Ils vénèrent chaque petite chose y voyant un signe de l'un de leur 34 millions de Dieux (et oui !), mais font de leur pays une poubelle à ciel ouvert ! Ils jettent tout dans la nature, plastique, eaux usées et vivent au milieu sans aucune gene, ce qui nous laisse perplexes.
On nous avait décrit les Indiens comme envieux de notre mode de vie et donc nous regardant avec jalousie. Nous avons rencontré davantage de curiosité dans leur démarche, et parfois de la réelle sympathie. Beaucoup se contentent d'un nom et un pays ('your name ? which country ?'), avant de reprendre leur route d'un air satisfait. D'autres veulent savoir ce que c'est de travailler en Europe, cherchant à faire des contacts.
Les femmes parlent peu (sauf à la maison !), les enfants jamais farouches ont le contact facile.
Les Indiens sont en général très attachants. Imaginez un terrain de jeux de plus d'un milliard de grands enfants, c'est l'Inde ! Ils se comportent souvent de façon puérile, chahutent, hurlent, sont indisciplinés (faire la queue, un Indien ?)
l'Inde d'aujourd'hui et l'Inde de demain
L'Inde d'aujourd'hui est très contrastée : toujours plus riches pour les autres, toujours plus nombreux à vivre un quotidien difficile pour les uns (la croissance démographique est l'une des plus élevée au monde).
Meme si le niveau de vie s'améliore, la croissance démographique freine les effets positifs de la croissance économique.
Le système de castes, bien que transparent pour nous, semble encore bien présent.
L'Inde est un pays ou les habitants n'ont quasi aucune intimité, tout se joue et se décide en famille, avec les voisins, dans la rue... La promiscuité est souvent ce qui dérange le plus les touristes, chez eux c'est une façon de vivre, et il y a peu de choses pour lesquelles les Indiens montrent quelque pudeur ! (à part le sexe !) déféquer, se curer le nez, cracher, se moucher dans les doigts, roter et peter font partie des scénes de vie publique !
L'Inde d'aujourd'hui évolue entre tradition et modernité et leur capacité à concilier les deux est une vraie force. Ils ont soifs de nouveautés mais entretiennent leurs coutumes. La culture indienne est unique et bien plus riche que ce que nous avions pu imaginer... Les stimulations spirituelles sont omniprésentes et les pratiques ésotériques nombreuses. Les traditions sont aujourd'hui encore bien vivantes : 90% des mariages sont encore arrangés, les femmes ont un statut très inférieur à l'homme (sauf dans les milieux aisés), les femmes ne doivent pas montrer leur corps et 99% portent encore le sari, les castes structurent toujours la société actuelle...
Actuellement en pleine croissance, le pays reste tres dépendant de l'extérieur.
Les grands défis de demain :
- controler la démographie,
- gérer les conséquences de la croissance économique : pollution, système social
- contenir la montée des mouvements extremistes à l'intérieur du pays et améliorer les relations avec ses voisins, surtout avec le Pakistan...
Quelques données sur l'Inde :
un euro = 60 Rs
une bouteille d'eau : 15 roupies
un litre d'essence (95) : 50 Rs
un chai (thé local) : 5 roupies
samossa / kachori : 5 Rs
veg biryani : 30 Rs
prix moyen d'un repas 'western cuisine' : 100 Rs
hotel à bas cout : 500 Rs à Goa, a partir de 250 ailleurs