Traversee de la Chine...

Nous continuons avec la derniere portion du transmongolien et serons en Chine a partir du 26 septembre, arrivee a Pekin le 27 septembre.

Nous nous donnons 15 jours maximum avant de rejoindre le Nepal si nous ne pouvons entrer au Tibet... 


 

 

Le 27 septembre 2008 : bonne surprise a Beijing...

Nous abordions la Chine avec beaucoup de méfiance ; situation politique du pays, controle de la population et censure, dernières actualités en rapport avec le Tibet, puissance industrielle humaine et commerciale qui en fait le monstre de la mondialisation... Beaucoup d'aprioris, jamais nous n'aurions pensé éprouver autant d'enthousiasme pour sa capitale ! Tout en restant prudents, nous avons été agréablement surpris par ce que nous avons aperçu aujourd'hui : des  paysages verdoyants du nord de la Chine bordants la voie du transmongolien, aux vallées escarpées que surplombe la grande muraille, jusqu'à l'arrivée à Pékin...

Enorme métropole (la municipalité couvre la taille de la Belgique), la ville est pourtant très bien organisée, très respirable, très propre ; l'effet Jeux Olympiques y est certainement pour beaucoup, d'ailleurs la ville est intégralement habillée aux couleurs des JO, et on devine aisément la hate dans laquelle certains vieux quartiers ont été rénovés en avenues bien propres à peine terminées (aucun pas de porte n'est encore occupé) faisant penser à un décor en carton-pate façon Disneyland...
Magré tout la ville frétille de partout et nous communique son enthousiasme. Peut etre est ce le contraste entre la rigueur des grandes avenues quadrillées ou règne l'ordre, la propreté, l'immense place Tiananmen aux couleurs maoistes, et les ruelles etroites, sinueuses et très animées des hutongs. Ces derniers nous rappellent des souvenirs de Marrakech. Petites échopes bon marché alternent avec restos de rue fréquentés par les locaux et stands de souvenirs pour touristes. Au milieu des ruelles tentent de se frayer un chemin piétons, pousse pousse, vélos, scooters électriques uniquement (quel bonheur, sans bruit ni gaz d'échapement !) dans l'ordre inverse de priorité et garre à soi si on ne fait pas attention !

Autre bonne surprise, la nourriture est délicieuse ! Rien à voir avec ce que l'on nous sert dans les restaurants chinois en Europe ! il y a tant de spécialités à gouter et les plats sont tellement copieux ! on évitera tout de meme la tripaille dont ils semblent rafoler (instestins en brochettes et autres abats).

Premières impressions vraiment très positives, nous avons hate de découvrir plus !



le 28 septembre 2008 ; sourde oreille pour le Tibet

Nous sommes pour l'instant dans le flou quant au trajet que nous pourrons suivre les semaines à venir... Nous devons pourtant rapidement nous informer et prendre une décision ; pas facile avec le nombre d'informations contradictoires qui circulent !
Certaines infos récurrentes nous indiquent que :
- le Tibet est réouvert aux touristes avec toutefois des restrictions selon les nationalités
- aucune chance de rentrer au Tibet sans permis TTB (délivré par le bureau du tourisme tibétain)

Fort de ses éléments, et après discussion de notre cas par téléphone par le bureau d'information pour touristes de notre hotel, nous sommes invités à nous rendre au centre culturel et économique tibétain. Arrivés sur place on nous trouve soudain mille excuses (notre interlocuteur est en vacances pour 10 jours, aucune autre personne ne peut délivrer de permis, et personne ne sait comment l'obtenir...) nous sentons à quel point le sujet est sensible et repartons sans meme y etre rentrés !

Après quelques heures supplémentaires de recherche d'infos sur Internet, nous pouvons compléter la liste avec les infos ci dessous :
- pas de permis TTB délivré sans tour organisé
- pas de tour organisé à moins de 300 euros sans les billets d'avion / train
- pour rejoindre Katmandou, il faut avoir en plus un permis de voyager dans les zones étendues hors Lhassa...

De là, notre dilemne : Tibet or not Tibet

Nous étudions la possibilité de rejoindre directement Katmandou depuis la Chine mais les billets sont extremement cher !
L'autre solution est de réserver pour 600 euros un tour organisé (pour nous 2 seulement) de Lhassa à Katmandou en 4x4, incluant l'hotel et les permis...
On explose carrément notre budget, mais le Tibet et le Népal sont à ce prix !

Aurtre complication : acheter des billets de train pour la semaine prochaine relève de mission impossible puisque le 1er oct est la fete nationale chinoise qui s'accompagne d'une semaine de vacances nationale (sur les 2 semaines dont ils bénéficient par an), les trains et les gares sont pris d'assaut !

Nous réfléchissons encore, la nuit porte conseil !

Petit aparté culinaire...
On vous l'a écrit plus haut, on mange très bien en Chine, et de tout... le tout est de savoir déchiffrer les menus autrement que par la seule photo du plat (souvent de mauvaise qualité). Celà vous évitera de vous retrouver avec une soupe aux trippes en pensant avoir commandé des nouilles aux oeufs ! (quelle tete nous avons fait !)

On mange bien en Chine mais on y mange très gras ! et ce n'est pas au gout de l'estomac (ou devrais je dire intestins...) de Juergen ! fragilisé à la suite de notre dernier repas mongol, il ne semble guere mieux apprécier les mets chinois ; pourvu qu'il s'y habitue assez vite !

le 29 septembre 2008,  Tibet or not Tibet ? ->  Tibet 


Tout s'est finalement décidé très vite ; nous partirons au Tibet par le train (ce fameux train mis en service en 2006 qui monte a 5000m, une prouesse technique, on y reviendra plus tard), et relierons Katmandou par la friendship highway en 4x4. Nous paierons donc le prix fort, mais si nous étions ok pour rayer le Tibet de notre parcours, en revanche nous n'étions pas prets a laisser tomber le Nepal. Et le temps presse ! le froid de l'hiver aura bientot raison de la saison de trek.

Nous avons donc booké le tour (nous ne voyagerons qu'à 2 avec guide et chauffeur), et reservé nos billets pour Lhassa, départ jeudi soir, nous continuons nos épopées férovières !

Outre ces activités administratives, nous avons visité la cité interdite et pédalé a travers Pekin en vélo (vieux 2 roues loués 1 euro la journée dans notre hutong). A refaire ! le velo est idéal car la ville est étendue et les stations de metro tres espacées les unes des autres, a pied c'est comme courir un marathon !





30 Septembre 2008 : randonnée sur la Grande Muraille


Lever à l'aube donc pour sortir de Pékin (une épreuve en soi) et rejoindre les montagnes sur les cretes desquelles se dresse la Grande Muraille. Nous rejoignons Jinshanling, point de départ d'une 'balade' de 10kms sur la muraille pour rejoindre Simatai. A Jinshanling, la muraille est plus ancienne et une partie n'a pas été rénovée depuis le 15eme siecle. La 'balade' se fait donc en 5h de marche en moyenne tant le sentier est escarpé et rocailleux. Il fait chaud, heureusement nous avions prévu la creme solaire et avons de bonnes chaussures de marche.

On répète ce que d'autres ont déjà dit mais le spectacle est vraiment grandiose, et quand on sait que la muraille fait en totalité 7200km, on ne peut qu'etre admiratifs autant par sa beauté que par sa prouesse architecturale.


01 octobre 2008 : 900 millions de Chinois et moi et moi et moi...

Quelques photos 'old style Beijing' dans le hutong ou se trouve notre hotel...

Depuis la chanson de Dutronc, ils ont largement passé le cap du milliard, et quand on tombe sur le jour de leur fete nationale, on ne peut qu'aisément s'en rendre compte !
Ce jour férié s'accompagne pour beaucoup de Chinois d'une semaine de vacances (sur leurs 2 semaines annuelles, l'autre étant à l'occasion du nouvel an chinois). Ils en profitent donc pour voyager (peut etre pas tout le monde, mais une minorité ici peut vite atteindre quelques millions !), et une partie de la classe moyenne a décidé de se rendre à Pékin...
Les trottoirs sont noirs de monde, les allées sont un défilé de bus touristiques et les taxis sont littéralement pris d'assaut !
Après une promenade matinale dans le hutong (photos en noir & blanc) nous louons des vélos et tentont de nous éloigner des sites touristiques irrespirables. Nous allons au marché aux vetements, haut lieu de la contrefaçon, mais sommes assez déçus par le manque de diversité et les prix exhorbitants pratiqués ici. Nous rentrons bredouilles (on n'allait tout de meme pas payer 40 Euros pour une carte sd de 2 Go !!).

Sur le chemin du retour nous nous arretons au parc de Jinshan et montons jusqu'en haut du temple qui le surplombe et offre une vue imprenable sur la ville.
Malheureusement un épais brouillard continu recouvre la ville (ce fut le cas toute la durée de notre séjour, et certainement une bonne partie de l'année). On voit difficilement à 500m, on peut meme regarder directement le soleil ! pas de danger de coups de soleil ! celà laisse imaginer de la qualité de l'air, et l'interdiction de circulation des 2 roues à moteur semble loin d'etre suffisante pour rendre un peu de ciel bleu à la ville.
Le soir, nous goutons au plat pékinois par excellence : le canard laqué, et sommes plutot déçus. Nous avons été plus agréablement surpris par les plats épicés du Sichuan, ou par des plats simples melant gingembre et cacahuètes, au moins aura-t-on honoré le soi disant incontournable !
Jeudi 2 octobre : c'est reparti !
Dernière journée à Pékin, largement consacrée aux préparatifs de la suite du voyage : une petite lessive avant de partir, on re-range les sacs à dos, on fait le ravitaillement pour manger les 2 prochains jours, on imprime le contact à notre arrivée à Lhassa... on décide aussi d'envoyer un colis pour la France avec des souvenirs, le dvd de nos premières 1000 photos, et des affaires que nous jugeons moins utiles afin d'alléger nos sacs.
Malgré l'agitation dans la ville depuis 2 Jours, nous trouvons assez facilement un taxi qui nous emmène à la gare, bye bye beijing !
du 2 au 4 oct : à bord du plus haut train du monde !
après le transsibérien (5 jours), le transmongolien (4 jours), nous continuons à explorer les grandes lignes féroviaires.
Et celle ci a de quoi etre exceptionnelle !
Inaugurée en 2006, elle traverse la région du Qinghai, le trajet culmine à 5072m, ce qui en fait le plus haut train du monde.

C'est une prouesse technique dont les Chinois sont très fiers : 120 ponts ont été construits sur le permafrost et des canalisations refroidissantes ont été insérées à certains endroits pour que le sol marécageux reste gelé.
Cet exploit n'est pas gratuit et le train lui meme fait l'objet de controverses politiques et environementales. D'abord parce qu'il rend le plateau tibétain désormais facile d'accès, accélèrant encore davantage la migration (colonisation ?) des chinois vers cette région. qui a conduit le Dalai Lama a dénoncer le 'génocide culturel' au Tibet.
Nous montons donc à bord du train à 21h30.

Le trajet de Pékin à Lhassa fait 4064 kms et prend 47h30.
Le train est une version haut de gamme de ceux que nous avons connus jusqu'ici. Pressurisé, neuf et assez confortable, il affiche electroniquement la vitesse, la t° exterieure...
Nous voyageons en 'hard sleeper' (la moins confortable des classes couchettes), compartiment non fermé de 6 couchettes (3 superposées de chaque coté), assez dures il est vrai ! nous avons de la chance car si le train était plein au départ à Pékin, il se vide le lendemain matin tot dès le 1er arret, et nous continuons le trajet seuls dans notre compartiment.
La 1ere journée, nous traversons les provinces du nord de la Chine : plutots arrides et rocheuses parsemées de villes industrielles brumeuses. Nous sommes déjà en altitude car notre paquet de chips est sur le point d'exploser !
Le 2ème jour nous atteignons les plateaux tibétains et croyons etre revenus en Mongolie ! les paysages sont incroyablement identiques : désertiques, fait de steppes valonnées et parsemées de yaks.
Nous avons passé le col à 5000m pendant la nuit et avons entendu l'oxygene souffler au dessus de nos tetes, dommage que c'était la nuit !

 


Le train qui arrive à Lhassa est presque vide, et nous sommes les seuls étrangers (ce qui nous vaut de nombreux regards curieux), et nous ne savons quoi en conclure...

une touriste chinoise vient nous parler quelques heures, elle est très contente de pratiquer son anglais (et reve d'occident comme beaucoup de jeunes chinois). Elle nous dit venir passer quelques jours à Lhassa afin de troquer l'air pollué de Pékin pour l'air pur des montagnes tibétaines.

Ombres chinoises

Une Chine moderne
  • Pékin, reflet de la modernité en 2008 (après le passage des JO et le lifting imposé) : larges avenues bordées dans la mesure du possible d'espaces verts, immenses gratte ciel, metro ultra moderne...
  • La voiture, tout un symbole : le vélo a cédé la place à la voiture, signe de modernité et de richesse (ainsi on trouve peu de vieilles voitures)
  • Un pays en perpétuel chantier : le nombre de constructions et de chantiers donne le vertige ! depuis le train nous avons pu suivre l'essor industriel et le besoin d'infrastructures des provinces plus reculées
  • Un peuple photo-maniaque : ils dégainent et tirent des clichés de tout (et n'impore quoi?) plus vite que leur ombre ! affectionnent particulièrement les occidentales blondes (càd moi!). Quand moi j'essaye d'etre le plus discret possible en prenant des photos des gens, eux ne se genent pas, et je dois souvent prendre la pose !
  • Un peuple accueillant, loin des clichés de l'occident qui a tendance à diaboliser les Chinois
  • Le commerce avant tout : tout est fait pour consommer et quand il s'agit de vendre quelque chose, ils connaissent parfaitement la langue de shakespeare !
et pourtant...
  • les vieilles traditions sont persistantes, cracher par exemple ! on ne s'habituera jamais au bruit de raclement de gorge qui précède la projection très controlée du fluide non désiré... tout un art ! et mieux vaut ne pas croiser la trajectoire ! Aussi les toilettes chinois sont à la 'turque' (mieux vaut avoir de bonnes semelles) et sans cloisons !
  • A l'ancienne dans les hutongs : les conditions de vie restent très sommaires dans ces quartiers (pas d'eau courante, de chauffage, toilettes collectifs...)
  • Des hommes plutot que des machines : les chantiers en cours bénéficient rarement du meilleur matériel/outillage, ici c'est le nombre de travailleurs qui fait la force !
  • Les revers de la croissance et de l'industrialisation : dégradation de l'envirronnement et pollution omniprésente, un tribu qui sera lourd à payer pour le futur...